Nathalie Guironnet

Si je réfléchis à ma pratique de la photographie, souvent je me dis que l’acte de photographier en lui-même me suffit. Je me suis parfois demandée, en regardant le travail des autres photographes, ce qui caractérisait le mien. J’ai toujours eu cette difficulté à exprimer mes émotions, et encore plus à les expliquer, alors justifier une prise de vue particulière me paraît parfois impossible. Jusqu’à présent, je ne voulais pas inscrire mon travail dans une démarche consciente et calculée, intellectualiser ce que je fais. J’ai eu mauvaise conscience en comparant mon travail à celui des autres car le mien ne rentrait pas dans un cadre réfléchi, il était souvent le fruit d’une rencontre non programmée le plus souvent, du hasard, de la chance, et de mon état d’esprit du jour. Au cœur de mon inspiration et de ma démarche artistique : la rue, ses détails et mes impressions ; les gens, leurs mouvements et empreintes. J’essayais juste de me faire l’écho des voix des personnes rencontrées et des lieux où je suis passée.

Photodidacte, je n’aurais jamais pensé mettre un pied dans le domaine artistique. Cela fait 35 ans que je vis en Afrique ; déménageant fréquemment, depuis peu une volonté d’émancipation me tenaille et m’arrache de plus en plus à un quotidien familial, me poussant naturellement à imaginer une autre voix à travers le reportage photographique.
J’habite à Dakar depuis 4 ans. C’est ici que j’ai commencé à « m’exposer » au regard des autres, en 2013 et en 2014, en solo et en collectif. Travaillant actuellement sur un projet en collaboration avec un artiste dakarois pour la biennale de Dakar 2016, et sur la mise en place d’un workshop de photojournalisme, j’espère bien présenter en fin d’année quelques sujets de reportages en cours.