Malick Sidibé est certainement le photographe africain dont les oeuvres sont les plus montrées dans le monde: de la France aux Etats-Unis, en passant par l'Allemagne, l'Espagne ou l'Afrique, ses oeuvres suscitent toujours un vif intérêt pour celui qui les regarde. Au Musée Nicéphore Nièpce de Chalon-sur-Saône , il présente ses photographies sur les nuits de Bamako dans les années 60. Un témoignage sur la période faste des indépendances africaines.
C'est au premier étage du musée que se tient l'exposition. Sur 80m2, les photographies, accrochées sur les murs sous forme d'albums photos, vous replongent dans les années 60. De nombreux pays africains viennent d'accéder à l'indépendance, « C'est le temps des yéyés, du twist, des 45 tours et ses images respirent l'insouciance. »
A l'entrée de la salle, sur la gauche, Malick parle de son travail dans un film. Il rappelle qu'il fut d'abord berger. Lorsque les colonisateurs arrivèrent en Afrique, il fut obligé d'aller à « l'école des blancs ». Il aimait dessiner, décorer, ce qui l'amena à décorer le studio photo d'un Français dont le travail consistait à photographier les blancs. Il fut embauché comme homme à tout faire: caissier, porteur de matériel. Avec son premier salaire, il s'acheta un petit reflex. C'est ainsi qu'à son tour il se mit à photographier les autochtones. Malick raconte que lorsqu'il commença à photographier les gens dans les soirées, il devait développer et tirer les photographies le soir même, afin de les afficher pour ses clients. Il lui arrivait de faire 3 ou 4 soirées dansantes le même soir et de rentrer au alentours de 6 heures du matin.
Ses images, Malick ne les faisait pas en pensant à l'artistique ou à
une éventuelle exposition dans un musée. Son soucis était plutôt
pécuniaire, nourrir sa famille au quotidien. La photographie demeurait
tout de même sa passion première. « Les portraits sont pris sur le vif,
au flash, ils fixent la spontanéité d'une jeunesse euphorique qui
cherche sa place au sein d'une société en pleine mutation. » Les images
montrent la jeunesse « bamakoise ». Des jeunes hommes en costumes, des
jeunes femmes en mini-jupes, des couples mixtes.
Commentaire d'un jeune photographe et cinéphile, El ASHIR Reda-Ahmed
Parcours.
Je suis né à Casblanca en 1984. Je suis méthodologiste de profession. Quand j’étais adolescent, ma
mère m’a offert un appareil photo car elle s’y intéresse énormément et
sacralise ce support. J’ai eu une enfance riche en images, mon oncle
faisait de la photographie.
Mais j’ai vraiment pris conscience de mon intérêt pour la photo à
travers le cinéma et pendant mes études à Oujda. Car Oujda, il n’y
avait pas beaucoup de choses à faire et comme j’avais beaucoup de temps
pour moi-même, je me suis inscrit dans un atelier de vidéo et j’ai
commencé à consacrer du temps à la photo.
Du 21 au 24 mai 2009, s’est tenu au Maroc dans la région de l’Oriental, le premier festival international de la Photographie d’Oujda.
Un premier programme très chargé avec plus de 150 participants et une soixantaine de photographes venus de différents pays (Tunisie, Syrie, Lybie, Maroc, France, Angleterre…).
Pendant ces 4 jours, de jeunes photographes, des amateurs et passionnés ont rencontré des photographes professionnels dans différents lieux de la ville d’Oujda et de sa région.
Au programme, visite des expositions, conférences sur le droit à l’image ou gestion de galerie, atelier photo et art plastique, visite de la médina, excursion à l’Oasis de Gafait et projections…
Cette première édition organisée par l'association Fotografiart et le CERSHO ( Centre d’Etudes et de Recherche Humaines et Sociales Oujda)sur le thème de l’image entre information et séduction inaugure le lancement d’une biennale photo tous les deux ans.
Il y a deux ans, la collection « Photo en développement » publiée par
les éditions de l’œil et l’Agence Française de Développement (AFD)
nous offrait la première monographie du talentueux photographe nigérian, Uche James Iroha.
Cette collection est née du prix Elan décerné tous les deux ans à la
Biennale de Bamako par l’AFD. Après Uche James Iroha, c’est au jeune
photographe malien déjà reconnu, Mohamed Camara, que revient une
monographie consacrant son travail de vidéaste et de photographe.
Si vous connaissez un peu les photographes africains, fort est à parier
que, de vos fenêtres parisiennes, le bouche à oreille du milieu de
l’art vous ait susurré le nom de ce photographe né en 1983.
Comme le dit justement dans le livre Véronique Bouruet - Aubertot, « Voilà une histoire qui commence comme un conte de fée… »
A tout juste 18 ans, Mohamed Camara qui rêve d’être footballeur est
repéré pour sa série « Les chambres maliennes » par la galerie
parisienne Pierre Brullé. En 2002, il a sa première exposition à Paris
pendant le mois de la Photo.
Le public s’entiche rapidement de ce jeune photographe dont l’univers
contemplatif, onirique et d’un grand charme correspond certainement à
la loi de l’esthétique occidentale comme le souligne l’historienne
Erika Nimis.
Son travail est très différent de la pratique des autres photographes
au Mali et bien loin de la violence et des couleurs saturées qui
ressortent du travail du nigérian, Uche James Iroha.
Il y a des souvenirs qui se transforment en « madeleine ». Parfois une
odeur, un moment ou bien un lieu. L’Appartement 22, c’est un peu tout
cela en même temps. Une madeleine de Proust qu’on ne peut oublier quand
on y a croqué...
Depuis 6 ans, sur l’avenue Mohamed V à Rabat, non loin de la Médina où
manifestants, passants et touristes se côtoient, se trouve
l’Appartement 22, lieu de création artistique contemporaine. Un lieu
rare, en particulier au Maroc.
Beaucoup d’artistes du Maroc ou d’ailleurs y sont passés, parfois en
visiteurs, d’autres fois en tant qu’exposants. Un lieu entre le
underground et l’ambiance familiale. Bissimilah !
C’est cette histoire, une histoire riche et dense qu’Abdellah Karroum son initiateur nous propose de revisiter à travers son livre « L’Appartement 22, 2002-2008 » paru en ce mois de février 2009.
A la manière d’un journal de bord du lieu, ce livre presque « intime
»nous retrace les évènements qui s’y sont déroulés, les rencontres ou
projets qui s’y sont créés. Rendant ainsi hommage à toutes les
personnes qui ont pris part à ce projet collectif : commissaires,
artistes, public.
Captures d’écran, croquis, coupures de presse, images de vernissages,
des artistes, des œuvres, chaque moment y est documenté et pourtant il
faut y être allé pour peser l’importance de ce lieu, la bouffée d’air
qu’il apporte dans le contexte de l’art contemporain au Maroc.
Ce livre n’est pas seulement un document, ni uniquement une mémoire
collective de ce lieu mais comme le souligne Abdellah Karroum dans la
partie « Mon Histoire de l’Appartement 22 »: