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Une vie de soldats démobilisés
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Une vie de soldats démobilisés
Une vie de soldats démobilisés |
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| La Côte d'Ivoire au jour le jour |
| Écrit par Israel Yoroba | |
Alors que le quatrième accord complémentaire de l’Accord Politique de
Ouagadougou vient d’être signé le 25 décembre dernier, les questions
sur le désarmement restent toujours en suspend. Le mode opératoire et
la date de ce processus restent encore inconnus.En attendant les autorités des Forces Nouvelles essaient progressivement d’encourager les jeunes qui avaient pris les armes en 2002 à les déposer et à retourner à la vie civile. Ils sont (environ) 20 000 à Bouaké à avoir choisi (de gré ou par des concours de circonstance) de ne plus tenir les armes. Seulement, si certains ont réussi leur réinsertion, ils sont nombreux à déambuler dans la ville attendant qu’un projet leur offre la possibilité de retrouver une vie "normale".
Elles sont dix. Elles ont entre 20 et 35 ans. A l’époque elles étaient des combattantes. «Nous appartenions à la première vague des combattantes de 2003», affirme Awa, leur porte parole. «Nous avons pris les armes parce que nous étions convaincues que les choses n’allaient plus dans ce pays», poursuit-elle. ![]() les amazones, groupe de femmes qui ont combattu auprès des Forces Nouvelles, et qui depuis 2006 ont se sont réinsérées dans la société civile en produisant de l'attiéké à Bouaké © Camille Millerand Après la formation, ledit commandant les aide à ouvrir une "usine" de fabrication de l’attiéké. «Nous importons nos produits vers le Burkina et le Mali», lance fièrement Djeneba, debout devant une marmite remplie de ce met. «Mais c’est à Bouaké que nous avons nos plus grands clients. Les casernes et les restaurants sont ceux qui achètent le plus avec nous», précise t-elle. Les dix filles travaillent avec ardeur. Main dans la main elles font en sorte que leurs rêves deviennent réalité. «Nous travaillons sans histoire. Car bien que nous venions de casernes différentes, on nous a enseigné la solidarité et c’est ce que nous essayons d’appliquer. Et ça nous réussi», atteste Awa la porte parole. Voyant le courage de ces anciennes combattantes, l’ACM décide de leur ouvrir un restaurant pour diversifier leurs entreprises. La gestion de cet espace est confiée à la porte- parole des jeunes filles. «Avec cette autre activité, nos revenus s’accroissent», atteste Awa. Même si elles restent silencieuses sur les questions d’argent, les amazones s’en sortent bien. «Nous avons ouvert un compte dans une banque. Ceci va nous aider à ouvrir des projets plus grands», annoncent-elles. Désormais, leur intégration s’est bien faite. Pourtant, certains démobilisés attendent toujours leur tour. ![]() Djeneba, présidente des amazones, ancienne soldat elle produit maintenant de l'attiéké © Camille Millerand LES DEMOBILISES DU "CORRIDOR"Contrairement aux Amazones, ils sont des milliers à attendre leur réinsertion de la vie active. Alassane Diallo dit "Alasko", Ibrahim Coulibaly surnommé "Microbe", Hamed Coulibaly que ses amis appellent "Jagger" et "Mandela" de son vrai nom Baffi Sangaré. Ils font partis de ces démobilisés qui continuent à chercher leurs répères.Ces jeunes se sont eux aussi engagés comme soldats au côté de la rébellion pendant de longues années. «Moi j’ai débuté en 2002, aux premières heures de la guerre», affirme Ibrahim Coulibaly dit "Microbe". Un surnom qu’il a acquis à la guerre. D’autres comme Alasko ont même combattu dans des zones autres que celles du centre-nord. «J’ai combattu dans l’ouest et ce pendant un peu plus de deux ans», précise cet ancien élève. Il est âgé de 23 ans. Ces quatre «mousquetaires» ont pourtant en commun d’avoir décidé d'abandonner les armes avec le désir de retourner chacun à la vie civile. Chacun selon ses raisons. ![]() © Camille Millerand Pourtant, alors qu’ils ont déposé leurs armes pour s’inscrire dans ce projet, ils attendent toujours qu’il soit mis en exécution. «Nous sommes de la quatrième vague et cela fait presqu’un an qu’on attend», se plaint Mandela. Même s’ils ont déjà touché leurs primes de démobilisation (90 000 francs pendant trois mois), ils espèrent qu’ils seront intégrés dans le projet de leur choix. «En attendant, nous nous débrouillons ici, au corridor sud de la ville», affirme Jagger. A cet endroit, ils aident les véhicules transportant des marchandises à passer facilement le barrage. «Quand les voitures arrivent au barrage, il y a des papiers à faire avant de traverser. Et comme il y a beaucoup de camion nous proposons nos services pour que la traversée se fasse rapidement», explique Alasko. Mais tout ceci à un coût. «Les prix varient. On peut avoir 1000 francs ou même 2000 francs par véhicule», précise Microbe. Mais sur leurs "champs de travail", ils ne sont pas les seuls. Et cela rend difficile les recettes. «Au corridor sud, on peut compter une cinquantaine de démobilisés qui essaient de se faire un peu d’argent», explique un responsable des Forces nouvelles. A la fin de la journée, ces jeunes espèrent faire passer un ou deux camions. Une vie pareille, ils n’en veulent plus. Eux qui ont laissé le métier des armes, ils entendent désormais se battre autrement pour sortir de cette galère. Et pour ces démobilisés, l’avenir passe nécessairement par la réussite de l’opération de réinsertion. VOIR LA SERIE DE CAMILLE MILLERAND SUR UNE VIE DE SOLDAT DE DEMOBILISES ![]() Baffi, Alassan, Ahmed et Ibrahim sont des tous des ex-rebelles. Ils ont laissés les armes et attendent d'être réinséré dans la société civile. En attendant, ils passent leur journée au corridor de Bouaké pour tenter de gagner quelques |
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Alors que le quatrième accord complémentaire de l’Accord Politique de
Ouagadougou vient d’être signé le 25 décembre dernier, les questions
sur le désarmement restent toujours en suspend. Le mode opératoire et
la date de ce processus restent encore inconnus.



