YaPhoto festival 2019 : Focus sur le portrait Quinzaine de la Photographie de Yaoundé

, par Afrique in visu

L’EXPOSITION FLASHBACK

Pour cette édition, le Festival met en avant le portrait et l’uniforme à travers l’exploration des archives du photographe Jacques Toussélé (1939-2017).

Depuis sa création en Afrique, le studio photo s’est imposé comme le lieu de sociabilité des populations urbaines. Qu’il soit nomade ou sédentaire comme on le voit sur les images de Jacques Toussélé, cet espace a su construire des identités qui nous permettent aujourd’hui de regarder avec recul l’évolution de la société camerounaise.

Au Cameroun, chaque événement de la vie est ponctué par le choix d’un uniforme permettant de renforcer une appartenance à la communauté. Que nous parlions de l’uniforme scolaire, de la tenue spécialement conçu pour un mariage ou un décès, et l’uniforme militaire, à travers le travail de ce photographe, il s’agit de regarder ce qui nous réunit ou nous différencie afin de repenser le vivre ensemble à une époque ou l’individualité a pris le dessus.

Cette persistance dans le paysage camerounais de ce marqueur identitaire a le mérite de créer une cohésion sociale. En effet, avec l’uniforme on constate que certaines barrières sociales sont effacées au profit d’une recherche d’égalité des individus.

A propos de l’artiste :
Jacques Tousselé est né en 1939 à Bamessingué, dans la Région de l’Ouest du Cameroun. Il a appris la photographie auprès d’un photographe nigérien. Il travaillait à Bamenda pendant la Guerre bamiléké puis retourna à Mbouda, où il exerça son métier du milieu des années 1960 jusqu’au début des années 2000, au « Studio Photo Jacques ». Ses œuvres figurent dans les collections du Metropolitan Museum of Art à New York et du Carleton College. Son travail a fait partie de l’Endangered Archive Programme de la British Library.

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© Jacques Tousselé

FACE A FACE

Très vite après son invention, la photographie se consacre au portrait. Ce style qui trouve une continuité dans le selfie, tant adulé par une nouvelle génération de photographes amateurs, articule la relation que l’individu entretient avec la société. Car c’est par lui que l’on existe devant l’autre. Tout retentit dans le portrait, les conflits, le désir…

Cette proposition réunit le projet « Mon atelier photo » issu de l’atelier pédagogique réalisé avec les collégiens du Lycée Fustel de Coulanges et l’exposition L’Autres(s) de Florence Poirier Nkpa.

Mon atelier photo

Pendant le festival, des séquences pédagogiques seront proposées à un public de collégiens sur deux sites localisés dans le centre-ville de Yaoundé : le musée de la Blacktittude et le lycée Fustel de Coulanges,. Les activités explorent la thématique du portrait au travers de l’image de l’individu mise en scène dans les studios photos. Les élèves parcouru le sujet en découvrant les grandes étapes de l’histoire de la photographie africaine et se familiarisant avec l’univers de la prise de vue professionnelle.
Le département pédagogique du festival YAPHOTO est animé par trois enseignantes d’arts plastiques, Sarah Dauphiné Tchouatcha, Anne Garnier Dupasquier et Florence Poirier Nkpa.




L’autres(s)

Une proposition de Florence Poirier Nkpa (2 images)
Au cours de mes voyages j’ai fais des rencontres... beaucoup. Depuis je vois l’AUTRE avec ses différences mais aussi parce qu’il me ressemble...et c’est à travers moi-même, avec comme a priori mes idées, que je m’invente tout autant que celui que je découvre. Dans l’instant de la rencontre, trois représentations s’entremêlent pour laisser apparaître celui que j’ai a en face. Il existe pour ce qu’il me donne à voir, pour ce que j’imagine de lui et pour ce qu’il est réellement...
Tel un DJ le fait avec des sons, je me permets de mélanger le beau, le laid, les origines, les références identitaires et stylistiques qui, dans un tourbillon de formes, de couleurs et de signes graphiques, défigurent le physique humain jusqu’à ce que la question de mon identité propre trouve de moins en moins de critères de reconnaissances : ni sexe, ni âge, ni couleur, ni expression auxquels se raccrocher, mais simplement des références qui détruisent réellement mon image et pour la reconstruire virtuellement à l’image de l’Autre.

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© Forence Poirie Nkap
miroir zootropique

SOUFFLES, BREATH PROJECT

Ana Bloom a imaginé une série de photographies qui jouent avec la surface de l’eau. « Souffles, Breath project » (work in progress) s’écrit grâce à des rencontres effectués par l’artiste lors de ses déplacements dans différentes régions du globe. Le résultat de ce dialogue entre le modèle et artiste se révèle avec poésie tant y cohabitent des contrastes exacerbés et des lignes floutées par des bulles de souffles de vies. Le spectateur est alors saisi par les différentes émotions qui s’imposent à lui à travers ses portraits dont qui nous transporte vers différents aspects de l’humanité : la mort, la vie, le souffle, l’apnée, la souffrance, la libération.
Cette exposition est présentée à l’Institut Français

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© Ana Bloom
Souffles Breath project CESAR 2015
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© Ana Bloom
Souffles Breath project LEILA 2015